Un débit important… mais irrégulier

Contrairement à certaines idées erronées, le débit de l'Hérault est abondant relativement à la taille du bassin versant : 43,7 m³/s en moyenne et plus d'1,3 milliard de m³ d'eau débitées annuellement. L'Hérault affiche une quantité écoulée annuellement de 543 litres par mètre carré, contre 240 litres seulement pour le bassin de l'Oise pourtant réputé pluvieux.

Comme tout fleuve méditerranéen, la caractéristique de l’Hérault est l'extrême irrégularité de son débit. Il est sujet à de brusques augmentations de débit après les pluies d’automne et de printemps dans les Cévennes (on parle d’épisode cévenol). Son débit de 3 m³/s à l'étiage (période de basses eaux), peut atteindre 3 000 m³/s  en période de crue, et ce en quelques heures.

Les crues sont des phénomènes naturels au fonctionnement normal d’une rivière, elles redessinent son lit, elles forment et déplacent les bancs de graviers qui font office de filtres naturels, elles peuvent enrichir les sols en les fertilisant par des apports de limon… Ainsi, l’alternance crue/étiage peut être considérée comme la « respiration » d’un cours d’eau. Certaines espèces comme le brochet ont même un besoin vital des inondations pour se reproduire : l’eau qui déborde dans les champs devient une aubaine au moment du frai.